Aéroport de Roissy, dans l’attente d’un vol pour New York. En zone d’embarquement, trois publicités apparaissent en alternance dans une sucette Decaux. Chacune représente un paysage urbain imaginaire constitué de monuments iconiques des plus grandes métropoles mondiales : New York, Londres, Paris, Sydney, Dubaï, Tokyo, Pékin, Rome , etc.

Les publicités sont ludiques. Comme dans un quizz, on tente de reconnaître les différents monuments et leurs villes d’origine. Une manière de passer le temps avant le départ. On oublie vite l’artificialité de l’image tant les éléments qui la composent sont familiers et le montage efficace. Au-delà de promotion pour les marques annonceuses, c’est la métropole rêvée des marketeurs urbains, des professionnels de l’entertainment et du tourisme qui est représentée. Un modèle qui réunit dans un même lieu, ensoleillé, sécurisé, propre, de monuments iconiques, que l’on pourrait ainsi visités en une journée, sans surprise, risque, effort. Cette métropole « disneylandisée » offrant un ersatz d’expérience urbaine, aseptisée comme un produit de consommation, pourrait-elle figurer l’avenir de ces villes ?

Souvenir d’un ouvrage de Douglas Kelbaugh, Common Place, qui mentionnait les propos d’une étudiante américaine de retour d’un voyage en Europe : « A Disney World, les pays sont tous bien plus près les uns des autres, et on vous montre que ce qu’il y a de mieux dans chaque pays. L’Europe est barbante. Les gens parlent des langues bizarres et tout est crasseux. Il arrive qu’en Europe, on ne voie rien d’intéressant pendant plusieurs jours d’affilée, alors qu’à Disney World, il se passe toujours quelque chose de différent et les gens sont heureux. C’est bien plus drôle. »

Léger trouble avant de partir pour New York, quintessence de la ville monde, alors qu’au programme de la visite figurent quelques-unes des « attractions » retenues dans les affiches.