Tokyo est une figure emblématique des métropoles mondiales. On y arrive avec un sentiment ambivalent de déjà-vu et de surprise. On la connaît par ses images largement diffusées. En l’arpentant, on ne peut se défaire d’un sentiment de désorientation qui, paradoxalement, demeure même quand on commence à s’y repérer. Ce n’est pas l’écrasement bruyant de New York, la splendeur vieillotte de Paris. C’est comme une intimité dont on devine la présence, mais que l’on ne parvient pas à saisir parce toujours à l’arrière-scène. Tokyo est une ville tournée vers ses plis intérieurs. L’étranger, le touriste percevront au mieux ce décalage spatial qui les condamne, à moins de persévérance et d’un véritable travail de traduction, à n’être que des spectateurs et figurants parmi d’autres. Des figurants dont la vraie vie ne semble pleinement se jouer que derrière le décor du paysage urbain.